Au féminin ...

Ce blog ... pour partager mes coups de coeur ou déceptions et découvrir les vôtres ! On parle ici littérature, cinéma, peinture, musique, poésie  ....  autour de la Femme !
N'hésitez pas à laisser vos commentaires !

Tamara de L.

Recommander

Littérature

Mercredi 12 juillet 2006

« Écrire est un acte. Le livre est le résultat d'une liaison, d'un désir, d'un rapport. Il s'agit de sexualité. »

[ Nina Bouraoui ] - Extrait du journal Libération - 9 Juin 2001

 

Métissée de deux cultures, une mère bretonne et un père algérien, Nina Bouraoui est née à Rennes mais passe les quatorze premières années de sa vie en Algérie.

 

L'Algérie, le déracinement, l'Amour, l'homosexualité, les peurs et les angoisses sont ses sujets de prédilection.

 

Par Melle S.
- Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 14 juillet 2006

J'ai surfé sur le net afin de rechercher quelques critiques sur le dernier livre de Nina Bouraoui : « Mes mauvaises pensées ».

Noyées dans des remarques pour la plupart très positives, quelques réticences de lecteurs ont tout de même été évoquées.

Les plus nombreuses portent sur le style du livre, écrit en un seul bloc. L'absence de paragraphe et de chapitre, les longues phrases ont eu raison de quelques esprits peut être trop cartésiens pour se laisser aller à écouter les confessions intimes d'une jeune femme en proie à de « mauvaises pensées » ... car il s'agit bien dans ce neuvième roman de se confondre avec le Docteur C, psychanalyste, et de recueillir les confessions franches et troublantes d'une jeune fille en guerre contre elle-même.

C'est un livre avant tout sur la vie avec son lot de souffrances, de joies, de malheurs et d'Amour.

La vie de l'héroïne défile devant nous sous forme d'allers-retours entre différentes époques de son existence; ces moments choisis sont tous marqués par de fortes émotions où se mêlent « mauvaises pensées » et Amour; car en définitive la source de toutes ces « mauvaises pensées » n'est-il pas l'Amour ? Cet Amour porté à sa mère, sans limite, incontrôlable, dévastateur, destructeur ...  

 

 

 

 

A noter les transitions « dans le temps » remarquables; les longues phrases procurent une certaine fluidité qui rend la lecture facile. Le style est magnifique !  Ce livre est un délice !

 

L'Algérie :

 

Alors âgée de 14 ans, l’héroïne quitte précipitamment l’Algérie pour la France. Ce départ est perçu comme une véritable cassure, une petite mort, une rupture, un arrachement à l’enfance, qui sera suivi d’une renaissance, d’une deuxième vie.

Cette Algérie, regrettée, idéalisée et surtout fantasmée, est décrite comme un paradis terrestre. Ne serait-elle pas confondue finalement avec l’enfance ?  

 

Les liens maternels (extraits du livre) :

 … on n’arrive jamais à la fin de ma tristesse, ou à la fin de la tristesse de ma mère que je reprends comme une maladie, que je revis comme un devoir. Mon corps guérira son corps, mon enfance soignera son enfance, mes yeux prendront les larmes de ses yeux, mon cœur donnera l’amour.

 

 

 

 

 

J’ai des larmes pour elle, et j’ai des larmes pour moi, parce que je sais que mon corps d’enfant lui a servi de forteresse, que ma mère a réparé son enfance par mon enfance.

 
Quelques références (relevées dans le livre) :
  

ü       Twin Peaks (Laura Palmer)

ü       Mulholland drive

ü       Hervé Guibert – Les gangsters, le mausolée des amants 

 

Citations : 

ü  Je sais l'effet de la littérature : lire, c'est se lire. 

Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 3 septembre 2006
Fikria, jeune adolescente, née dans une famille algéroise, où les règles de vie, imposées par le père misogyne , sont dictées par la tradition sociale et religieuse, végète dans cet antre où règnent haine et terreur.

Emprisonnée dans cette pseudo-existance, gouvernée par l’ennui, la souffrance et le néant, elle résiste et attend.
Postée derrière la fenêtre de sa chambre, elle en devient cette « voyeuse  interdite » regardant ces hommes dans la rue imposés leur pouvoir de « mâle ».

Extrait : (...) les hordes d'hommes agglutinés sous les platanes de la ville sale, j'ai vite compris que je devais me retirer de ce pays masculin, ce vaste asile psychiatrique. (...) ils se touchaient, s'étreignaient, (...) soulevaient les voiles des vieillardes, urinaient dans l'autobus (...) je baissais les yeux devant les jeunes garçons qui descendaient leurs braguettes en nous voyant; ma mère muette, laissait courir sur son corps cinq doigts étrangers. On ne pouvait rien dire, les femmes qui sortaient dans la rue étaient des pouffiasses.
  
Prise au piège entre le cauchemar familial et la violence extérieure, Fikria subit son existence et sa condition de femme sans pouvoir lui échapper.
Une vie sans intérêt; un avenir sans issue. 
 
Premier roman de Nina Bouraoui, la « voyeuse interdite » reçut le prix Inter en 1991.
Ce livre est effroyable ! Les descriptions, si épouvantables, si détaillées, vous glacent le sang !   

Extraits :
  • - (...) Leyla est ma seconde soeur. Horrifiée par l'arrivée d'une seconde fille, ma mère voulut la jeter par la fenêtre (...). Finalement, la raison humaine l'emporta faisant de Leyla une miraculée du trottoir. On la laissa se débattre avec la vie, seule, allongée sur le canapé en espérant qu'elle ne s'en sortirait pas.
  • - Les funérailles étaient brèves. Ma mère entourait le rejeton de papier journal et rabattait le couvercle de la poubelle sur la petite tête béante aux yeux mi-clos, quand l'enfant n'etait qu'un oeuf craquelé par un auriculaire impatient, elle se contentait de l'immerger dans la cuvette des w.c.
  • - Il me tendit la cigarette, et, au passage, l'écrasa sur mon sourire. Il dessina au fer rouge quatre petites boursouflures puis, une main collée derrière ma nuque, il pressa plus fort afin d'écraser la cigarette contre l'émail de mes dents.
Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 9 septembre 2006
On découvre dans ce livre la vie d’une enfant solitaire fascinée par la mort et la souffrance, qui très tôt fait un « pacte » avec la « femme en habit d’os »

Mon affinité avec la mort a commencé dès mon plus jeune âge ; non pas par excès de morbidité mais par conscience de la finitude et plus exactement de Ma finitude. 

Je décidais d’échapper à la surprise en me liant à la femme en habit d’os qui tenait sérieusement ses comptes dans un agenda noir à feuillets mobiles.

Plus tard, elle finira gardienne de cimetière.

La mort m’appartient. J’en ai fait mon unique souci. Mon unique occupation.
 
J’ai lu ce livre pendant mes vacances d’été. Et aujourd’hui, il m’a été très difficile de me souvenir de l’histoire ! Je pense que je suis vraiment passée à côté ...
Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 16 novembre 2006
(...) je ne fais que rappeler aux gens que l'amour lesbien a existé de tous temps, que c'est quelque chose d'assez ordinaire, et que des lesbiennes, comme des hétérosexuelles, peuvent être les héroïnes dans la vie ou dans les romans.
Sarah Waters (septembre 2006) - Propos recueillis par Dorothy Glaiman et traduits de l'anglais par Thomas Flamerion pour Evene.fr
 
Il n'a suffit que de quatre romans à cette jeune écrivain britannique pour devenir un véritable emblème dans les milieux lesbiens d'Outre-Manche.
 
Ces oeuvres sont des fictions historiques, écrites avec un réel souci du détail et de la précision, où cohabitent dans un monde cruel et misérable différentes classes sociales.
 
Ils sont de ces romans que l'on ne peut refermer ! Ceux qui ne vous quittent plus et s'accaparent vos pensées tout au long de la journée !
§ 1998 - Tipping the Velvet (Caresser le velours - 2002 en France)
§ 1999 - Affinity (Affinités - 2005 en France)
§ 2002 - Fingersmith (Du bout des doigts - 2003 en France)
§ 2006 - The Nightwatch (Ronde de nuit - 2006 en France)
Deux d'entre eux Tipping the Velvet et Fingersmith , deux magnifiques histoires sous l'ère victorienne, ont été portés à l'écran par la BBC.
 
 
Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 25 janvier 2007
Titre original : Affinity
Date de parution en France : le 06 janvier 2005
 
L'histoire :
Margaret Prior, jeune fille cultivée, de la haute société londonienne, tente de rompre la monotonie de sa triste existence, en se portant volontaire pour visiter les détenues d'une prison pour femmes.  
Sa rencontre avec une jeune prisonnière, belle et mystérieuse médium, va bouleverser sa vie et lui redonner un sens ...
 
Commentaires :
Sarah Waters nous offre encore une fois un extraordinaire récit, passionnant, captivant, truffé de rebondissements ...
Les personnages, évoluant dans des univers énigmatiques et opposés, sont à la fois riches et complexes … Selina, jeune spirite, troublante et secrète, nous entraîne dans son monde magique au-delà du réel … Quant à la vie de Margaret, marquée par la différence et le mal être, dont les règles sont dictées par sa famille et son milieu social, n’est que souffrance, frustration et malheur.  
 
Sarah Waters est à la littérature ce qu'Ilene Chaiken (The L word) est au cinéma. Il y a un avant. Il y a un après. Quelle révélation !
Je viens de terminer son dernier roman "Ronde de nuit" (mon prochain billet lecture) ... Extraordinaire ! J’en sors totalement bouleversée …
 
J'aimerai partager vos impressions, ressentis et points de vue sur Sarah Waters et l'ensemble de ses oeuvres ...
 
J'attends donc vos nombreux commentaires !   
Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 10 mai 2007
Retour-de-Flamme.jpg  
Pour occuper le dimanche pluvieux qui nous attend le week-end prochain (encore un !), je vous propose un petit bouquin dans le genre « Ma minute midinette !! »   
 
Pour faire un résumé rapide, on a là une version lez d’un roman à l’eau de rose digne d’un « Nous deux  » ou d’un « Arlequin » … Je crois même que le titre « retour de flamme » existe dans la collection « Nous deux  » … Bref, c’est pas vraiment de la grande littérature … mais bon il y a quand même un truc dans ce bouquin  … sinon, je ne vous en aurais pas parlé … un truc qui va, à coup sur, titiller votre côté fleur bleue et faire que vous aurez du mal à le reposer une fois commencé !  
Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 25 mai 2007
nina-bouraoui-avant-les-hommes.jpg Je n’ai pas encore lu le dernier roman de Nina Bouraoui « Avant les hommes », mais je tenais quand même à vous signaler sa sortie. Après « Mes mauvaises pensées », paru en 2005 et en partie autobiographique, Nina Bouraoui se met, avec ce nouveau roman, dans la peau d’un jeune adolescent homosexuel, Jérémie, obsédé par l’un de ses amis ...
 
Comme dans ses précédents romans, les thèmes de l’Amour, du désir, du désespoir sont toujours présents, mais cette fois-ci, se déclinent à l’univers tumultueux et douloureux qu’est l’adolescence
 
Je vous donne rendez-vous dès à présent dans un prochain billet, où je vous ferai part de mes premières impressions … (quand j’aurai pris un peu de temps pour lire ce roman évidemment !!

 




Ci-dessous un extrait de l'émission "Esprits libres" présentée par Guillaume Durand :

Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 12 janvier 2008
undefined Afin de commémorer le centenaire de la naissance de Simon de Beauvoir, philosophe et écrivain engagé, était programmé hier soir sur Arte le film «Les amants du Flore», retraçant la relation complexe et passionnelle entre la romancière féministe et Jean-Paul Sartre. Un film touchant et remarquablement interprété (Anna Mouglalis et Lorant Deutsch).
 
Simon de Beauvoir obtient la consécration en 1949 en publiant le « deuxième sexe », œuvre féministe, dénonçant la position de la femme dans la société et évoquant sans tabou la sexualité féminine.
 
« En soi l'homosexualité est aussi limitante que l'hétérosexualité : l'idéal devrait être de pouvoir aussi bien aimer une femme qu'un homme, n'importe un être humain, sans éprouver ni peur, ni contrainte, ni obligation. »
 
Sylvie le Bon, la fille adoptive, publia après sa mort, ses correspondances avec Sartre, Bost et Algren, dévoilant ouvertement sa bisexualité.  

 

Par Melle S.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus