J'ai surfé sur le net afin de rechercher quelques critiques sur le dernier livre de Nina Bouraoui : « Mes mauvaises pensées ».
Noyées dans des remarques pour la plupart très positives, quelques réticences de lecteurs ont tout de même été évoquées.
Les plus nombreuses portent sur le style du livre, écrit en un seul bloc. L'absence de paragraphe et de chapitre, les longues phrases ont eu raison de quelques esprits peut être trop cartésiens pour se laisser aller à écouter les confessions intimes d'une jeune femme en proie à de « mauvaises pensées » ... car il s'agit bien dans ce neuvième roman de se confondre avec le Docteur C, psychanalyste, et de recueillir les confessions franches et troublantes d'une jeune fille en guerre contre elle-même.
C'est un livre avant tout sur la vie avec son lot de souffrances, de joies, de malheurs et d'Amour.
La vie de l'héroïne défile devant nous sous forme d'allers-retours entre différentes époques de son existence; ces moments choisis sont tous marqués par de fortes émotions où se mêlent « mauvaises pensées » et Amour; car en définitive la source de toutes ces « mauvaises pensées » n'est-il pas l'Amour ? Cet Amour porté à sa mère, sans limite, incontrôlable, dévastateur, destructeur ...
A noter les transitions « dans le temps » remarquables; les longues phrases procurent une certaine fluidité qui rend la lecture facile. Le style est magnifique ! Ce livre est un délice !
L'Algérie :
Alors âgée de 14 ans, l’héroïne quitte précipitamment l’Algérie pour la France. Ce départ est perçu comme une véritable cassure, une petite mort, une rupture, un arrachement à l’enfance, qui sera suivi d’une renaissance, d’une deuxième vie.
Cette Algérie, regrettée, idéalisée et surtout fantasmée, est décrite comme un paradis terrestre. Ne serait-elle pas confondue finalement avec l’enfance ?
Les liens maternels (extraits du livre) :
… on n’arrive jamais à la fin de ma tristesse, ou à la fin de la tristesse de ma mère que je reprends comme une maladie, que je revis comme un devoir. Mon corps guérira son corps, mon enfance soignera son enfance, mes yeux prendront les larmes de ses yeux, mon cœur donnera l’amour.
J’ai des larmes pour elle, et j’ai des larmes pour moi, parce que je sais que mon corps d’enfant lui a servi de forteresse, que ma mère a réparé son enfance par mon enfance.
Quelques références (relevées dans le livre) :
ü Twin Peaks (Laura Palmer)
ü Mulholland drive
ü Hervé Guibert – Les gangsters, le mausolée des amants
Citations :
ü Je sais l'effet de la littérature : lire, c'est se lire.
Vos commentaires